Des Cascadeurs dévoués et leur famille quittent le Québec pour la Virginie

Mathieu Gendron, directeur de l’usine de Bear Island, ainsi que Mathieu Fournier, Patrick Laroche et Yan Veillette, tous trois chargés de projets sénior – opérations, ont quitté le Québec à l'été 2021 avec leur conjointe et leurs enfants pour s’installer en Virginie. Ils y seront pour une période d’au moins trois ans, alors qu’ils auront pour mandat de mener à bien le projet de l’usine de Bear Island jusqu’au commencement de sa production prévu au dernier trimestre de 2022. Leurs conjointes ont gentiment accepté de nous livrer leur témoignage sur cette grande aventure familiale.

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L'histoire de Mathieu Gendron et de sa conjointe, Catherine Côté, raconté par cette dernière

4 octobre 2021 : plus de trois mois après le déménagement

Comment se sont déroulées les premières discussions entre Mathieu et toi sur un potentiel déménagement en Virginie?

Tout a commencé lorsque Mathieu m’a informée que Cascades venait d’acquérir Bear Island en Virginie. La Virginie étant un état qui m’a toujours attirée, j’ai mentionné à Mathieu que ce serait un endroit où j’accepterais de déménager s’il désirait s’impliquer dans ce projet. Mathieu a donc été par la suite nommé directeur du projet, ce qui rendait le déménagement imminent. J’avais déjà fait ce genre de changement dans ma vie par le passé et j’avais bien apprécié l’aventure, alors j’étais prête à me lancer une nouvelle fois.

Pourquoi avoir démontré autant d’intérêt pour cet endroit?

Je suis vétérinaire pour les chevaux, et la Virginie est un endroit très populeux en chevaux. Au Québec, j’avais ma propre compagnie de service vétérinaire ambulatoire, pour les chevaux uniquement.

Depuis notre déménagement, j’ai dû renoncer à être mon propre employeur étant donné la complexité de redémarrer un service ambulatoire vétérinaire. J’ai donc accepté de travailler pour un employeur qui me permet de faire le même travail que je faisais au Québec.

Depuis quand prépariez-vous votre déménagement?

En janvier 2019, nous avons su que nous déménagerions à l’automne de cette même année. Nous avons donc vendu notre maison à Kingsey Falls. Malheureusement, il y a eu certains retards dans le projet et la COVID-19 est arrivée. Entre juin et novembre 2019, nous avons donc habité temporairement chez des amis, jusqu’à ce que nous rachetions une nouvelle maison. Nous y sommes restés jusqu’à notre déménagement officiel, en juin 2021.

Et maintenant, comment trouvez-vous votre nouveau chez-vous aux États-Unis?

Présentement, nous habitons dans une maison en location en attendant que notre future maison soit construite. Comme il y avait très peu d’offres sur le marché immobilier au moment où nous étions à la recherche, nous avons opté pour une construction neuve. Nous espérons avoir notre maison au plus tard au mois de février 2022, mais la COVID amène de nombreux défis qui peuvent retarder à tout moment la livraison.

Outre la maison, quelles autres difficultés avez-vous rencontrées dans votre démarche?

Nous sommes seuls avec nos trois animaux. Nous n’avons donc pas eu de difficultés reliées au choix d’une école pour les enfants, par exemple. Notre difficulté principale était surtout liée à l’obtention de mon visa de travail, qui a été très compliqué à avoir, en raison des délais provoqués par la COVID. C’est un processus dans lequel nous sommes assez ignorants, mais nous avons été bien appuyés. Également, comme tous les autres couples, nous avons dû nous marier pour faciliter toutes les démarches administratives.

Maintenant que tout ça est derrière vous, comment se passe votre quotidien et votre nouvelle réalité?

Nous sommes tous les deux bilingues, alors ça facilite les choses. Nous aimons aussi l’été qui dure longtemps! Le quotidien se passe donc plutôt bien. Si rien ne change, il se pourrait qu’à la fin du contrat nous désirions prolonger notre séjour dans ce bel état!

Mathieu-Fournier-et-sa-famille

L’histoire de Mathieu Fournier et de sa famille, racontée par sa conjointe Line

« La fin de semaine dernière, nous nous sommes réunis avec tous les autres Cascadeurs du Québec et leur famille. Il y un bel esprit d’entraide et de partage qui est présent entre nous tous. »

16 septembre 2021 : un peu plus de deux semaines après le déménagement

Dites-moi, comment l’idée de déménager en Virginie est venue sur la table?

Mathieu a manifesté son intérêt pour le projet Bear Island dès le début. Il allait de soi qu’un déménagement serait nécessaire pour la fonction qu’il souhaitait exécuter et dès qu’il m’en a parlé, ça m’a paru comme une belle opportunité pour toute la famille. Nous avons quatre enfants : Téa (7 ans), Flora (9 ans), Isaac (11 ans) et William (23 ans). Nous avons toutefois fait le choix de ne pas leur en parler avant que le tout soit confirmé à 100 %. Dans la vie, il y a toujours des imprévus, alors on ne voulait pas les insécuriser. Nous les avons tout de même inscrits dans une école anglaise au Québec afin de faciliter leur intégration scolaire à la suite de notre déménagement. Nous étions aussi venus en vacances en Virginie en 2019. Mathieu nous avait montré l’usine et manifestait déjà aux enfants son désir qu’ils puissent se voir plus souvent. William, lui, est demeuré au Québec afin de poursuivre ses études universitaires.

Comment se sont déroulés les préparatifs?

Pour ma part, j’ai dû obtenir un congé sans solde à mon travail, suivi d’un traitement différé. Pour me permettre d’emménager aux États-Unis, nous devions nous marier. Nous avons donc préparé un mariage simple et intime sous le thème de l’aventure, avec un clin d’œil à celle qu’on entreprenait.

La réflexion quant à vendre ou louer notre maison nous a pris un certain temps. Nous avons finalement entrepris une démarche de location pour nous permettre de réintégrer notre maison à la fin du projet. Il était important pour nous de la laisser entre bonnes mains. Pendant ce temps, Mathieu visitait des maisons les fins de semaine qu’il était en Virginie. On souhaitait habiter dans un bon quartier avec de bonnes écoles pour les enfants. On a finalement trouvé notre maison vers la fin juin et un mois plus tard, le 27 juillet, on quittait notre maison de Victoriaville pour la laisser à nos locataires. Avant de quitter le Québec, nous avons profité au maximum du temps avec la famille et les amis. C’était bien émotif de se dire au revoir.

Et l’arrivée en Virginie s’est-elle bien passée?

À notre arrivée, le 26 août, nous avons pris possession de notre maison, mais nous avons dû vivre simplement jusqu’à l’arrivée de nos effets et de nos meubles qui ont été livrés le 5 septembre. Les délais étaient en fonction de l’organisation possible du transporteur, et ça avait été bien noté à la signature du contrat. La propriétaire de la maison nous avait donc installé deux matelas gonflables avec des draps, en plus de nous fournir des serviettes. Elle nous a permis d’être enfin chez nous, même si on devait s’organiser avec peu.

Avant de commencer l’école, les enfants devaient passer un test d’anglais d’environ une heure au Welcome Center (l’équivalent de la commission scolaire au Québec), ce qui a permis de déterminer le besoin de soutien requis dans la maîtrise de la langue, tant dans du point de vue de la compréhension que de la communication orale et écrite. À l’école, ils ont donc le soutien nécessaire pour bien évoluer, ce qu’on considère en soi un énorme privilège. Un autre requis était un examen médical ainsi que l’administration de certains vaccins supplémentaires.

Finalement, comment les enfants trouvent-ils leur nouvelle école?

Ça se passe bien mieux que je l’imaginais! Je croyais qu’ils reviendraient découragés les premiers jours, mais pas du tout. Les filles sont ensemble et sont emballées par leur école et leurs enseignantes. Mon plus grand de 11 ans, qui se trouve ici en middle school alors qu’il devrait être en sixième année au Québec, s’adapte bien. Notre entourage nous a tellement dit que nous avions une belle opportunité que ça crée cet état d’esprit dans la tête des enfants, je crois. Je les trouve courageux. L’immersion complète est toutefois exigeante pour eux physiquement et mentalement. Ils sont épuisés au retour de l’école.

Et vous, quel est le plus gros élément d’adaptation depuis votre arrivée?

De mon côté, je ne parle pas anglais alors la langue est certainement mon plus gros élément d’adaptation. Pour la première épicerie, j’y suis allée avec les enfants pour qu’ils m’aident, et ce matin, au parc, je communiquais avec les mamans par Google Translate (rires). Mon but, dans les prochains mois, c’est de m’améliorer. La propriétaire de notre maison aimerait bien que je lui apprenne le français, alors nous ferons peut être un échange de service (rires). Au moins, les gens sont très sympathiques et font preuve d’une grande ouverture, ce qui facilite mon intégration.

Comment envisagez-vous vos trois prochaines années en Virginie?

Pour Mathieu, c’est trois ans. Moi, dans mon emploi comme travailleuse sociale, j’avais droit à un congé de deux ans. À la fin de nos deux premières années, il faudra donc prendre une décision si je retourne travailler au Québec. Dans le domaine où je suis, et surtout avec la barrière de la langue, je ne peux pas me permettre de travailler ici. Notre plan initial était et demeure que je sois présente au maximum pour les enfants. L’école des filles se termine à 14 h 10 ici; les journées passent donc assez vite. Je n’écarte pas la possibilité de me trouver une occupation éventuellement, mais pour le moment, la priorité est à la famille et à profiter au maximum de notre nouvel environnement.

Patrick Laroche et sa famille

L’histoire de Patrick Laroche et de sa famille, racontée par sa conjointe Edith

« Nous vivons cette belle grande aventure au jour le jour, et nous apprécions chaque moment. »

11 août 2021 : un peu moins de deux semaines avant le déménagement

À quel moment ont eu lieu les premières discussions sur la possibilité de déménager en Virginie?

Au début de cette année. Après avoir travaillé chez Cascades pendant 15 ans, Patrick a quitté pour un autre emploi pendant deux ans, et en janvier ou en février 2021, Mathieu Fournier, un ancien collègue de travail de Patrick et un ami de longue date, l’a appelé pour lui parler du projet. Il trouvait que ce défi lui ressemblait, et qu’il nous ressemblait aussi en tant que couple étant donné que nous avons un profil aventurier.

Quelle a été votre première réaction?

Spontanément, la réponse de Patrick a été non, tout simplement. Il croyait que ça ne m’intéresserait pas, mais après en avoir discuté un peu plus tous les deux, il a rappelé Mathieu pour obtenir plus de détails. Patrick est devenu de plus en plus emballé par l’idée et moi, de moins en moins (rires). Je m’inquiétais pour Édouard, du fait qu’on lui enlevait une certaine sécurité, mais on nous a expliqué qu’il y avait plusieurs couples avec des enfants qui se retrouvaient dans la même situation, que nous ne serions pas seuls. Nous avons listé les avantages et les désavantages et trois semaines plus tard, nous avons pris notre décision.

Et votre garçon, qu’en a-t-il pensé?

Je n’ai pas un garçon anxieux. Il a donc très bien réagi. L’école à laquelle il va depuis deux ans au Québec est trilingue. Il a donc déjà une bonne base de l’anglais, et en plus, les enfants de Mathieu, qui vont à la même école que lui, déménageront aussi en Virginie. L’annonce s’est donc bien passée.

Une fois la décision prise, il y a beaucoup de choses auxquelles penser! Quelles ont été les étapes suivantes?

Il y avait effectivement plusieurs étapes importantes à suivre, qui se sont d’ailleurs complexifiées avec la COVID-19. Il a d’abord fallu vendre notre maison et en trouver une en Virginie qui soit près d’une bonne école pour Édouard. Il y avait déjà une certaine effervescence dans le marché immobilier au Québec, mais en Virginie, c’était encore pire! Nous avons fait près de sept offres sur des maisons avant de trouver la nôtre, que j’ai seulement visitée par Facetime!

Il a ensuite fallu se marier pour une question d’immigration. Nous sommes donc passés chez le notaire avec nos témoins, sans plus, à cause de la COVID… Mais nous trouverons bien une autre occasion de célébrer en grand! (rires)

Cascades nous a bien accompagnés tout au long du processus. Nous avons entre autres été en contact avec Suzette Macedo, parajuriste, qui nous a très bien expliqué chacune des étapes. D’ailleurs, avant que je sache si je pouvais ou non poursuivre mon emploi actuel à distance, Cascades m’a même proposé de m’accompagner dans la recherche d’un nouvel emploi, quitte à travailler moi-même à l’usine.

Parlant d’emploi, quelle sera votre situation professionnelle une fois que vous aurez quitté le Québec?

Rapidement, lorsque j’ai su que nous quittions le Québec, j’ai parlé avec mon employeur qui a fait les démarches avec une firme pour évaluer la possibilité que je poursuive mon travail aux États-Unis. Heureusement, tout fonctionne et je pourrai donc conserver mon emploi actuel dans le domaine de l’assurance vie.

21 septembre 2021 : près d’un mois après le déménagement

Racontez-moi comment s’est déroulé le déménagement, les au revoir avec vos proches et votre arrivée en Virginie.

C’était un peu émotif de quitter notre maison des 12 dernières années, mais le plus difficile a été de nous éloigner de notre famille et de nos amis. Maintenant, on se rend compte que ce sera aussi une opportunité pour eux de venir nous visiter et de vivre cette belle expérience avec nous…

Quand est venu le moment du départ, nous avons fait la route sur deux jours jusqu’en Virginie. Une fois arrivé, Édouard était très excité de voir la nouvelle maison. Il ne l’avait pas vue avant. Nos meubles ont été livrés une dizaine de jours plus tard; chose qu’on a appris la veille de notre déménagement au Québec. On voulait profiter de nos vacances pour nous installer, mais comme nous vivions seulement avec trois chaises de camping, une télé et un matelas soufflé, on a pris le temps de nous promener et de nous familiariser avec les lieux.

Et comment trouvez-vous votre nouveau quartier?

Dès notre première journée, notre voisin s’est rapidement présenté. Il est d’ailleurs revenu quelques jours plus tard, de manière plus officielle, avec sa femme, leurs enfants et leur chien. Sa conjointe m’a d’ailleurs ajoutée dans un groupe Facebook pour les mères du quartier. On a déjà plus de contacts avec les gens de notre rue ici qu’au Québec! Les gens sont très accueillants, ce qui facilite beaucoup notre intégration.

Quelques jours avant la rentrée, les professeurs de l’école d’Édouard ont fait une parade en voiture dans le quartier pour saluer les jeunes. On a trouvé ça super! Depuis la rentrée, Édouard semble bien. Sa professeure parle lentement pour faciliter la compréhension. Une professeure l’accompagne aussi deux ou trois heures par semaine pour s’assurer qu’il suit bien la matière. Somme toute, ça se passe très bien.

Yan-Veillette-et-sa-famille

L’histoire de Yan Veillette et de sa famille, racontée par sa conjointe Joselina

« Cette aventure, tout seuls, sans l’aide et le soutien de Cascades, ça aurait été comme une grosse montagne. Nous aimerions remercier toutes les personnes impliquées pour leur aide, leur générosité, leur gentillesse et leur dévouement. Même ici, à l’usine, Patricia Nowell, la directrice des ressources humaines, est très accueillante. Elle est d’une grande générosité et nous soutient dans les démarches nécessaires à notre intégration. »

31 août 2021 : plus de deux mois après le déménagement

Parlez-moi au peu de vous, de votre couple et de votre famille.

Je m’appelle Joselina Coello. Je suis née au Honduras, et je suis arrivée au Québec lorsque j’avais 10 ans. Cette envie de découvrir le monde, je l’ai donc depuis que je suis toute jeune. Yan et moi sommes de grands voyageurs. Ensemble, nous avons trois enfants : Gabriella (15 ans), Rafaella (16 ans) et Alejandro (17 ans).

Est-ce que vos enfants ont aussi cette passion pour les voyages? Comment ont-ils réagi à l’annonce du déménagement?

Au travail, Yan s’était toujours montré ouvert à l’idée de déménager et de vivre de nouvelles expériences. Avec le projet de cette nouvelle usine, l’occasion s’est présentée et on l’a saisie. Les enfants ont tout de suite embarqué. Ils ont vraiment considéré ça comme une chance, une belle opportunité de vivre autre chose, de perfectionner une nouvelle langue et de connaître une autre culture. Notre plus vieux était inscrit pour sa première année de Cégep et on lui a laissé le choix de rester au Québec, mais il a préféré vivre l’expérience. On a tous cet esprit d’aventure!

Au moment des préparatifs, quel a été le plus grand défi à surmonter?

Le marché immobilier n’était pas du tout favorable. Dès qu’on voyait une maison qui nous plaisait, elle n’était plus à disponible. Nous avons trouvé la maison assez vite malgré tout, mais nous l’avons payée plus chère pour être certains qu’elle soit à nous. Au moins, Yan a pu venir la visiter sur place.

Au moment où on se parle, vous êtes déjà installés en Virginie. Comment s’est passé le déménagement?

Nous avons rencontré quelques difficultés avec nos permis de conduire, mais autrement, le déménagement s’est bien passé. Les enfants et moi sommes arrivés en voiture le 9 juillet dernier. Yan, lui, avait pris l’avion quelques jours avant pour recevoir nos meubles et nos effets personnels à notre nouvelle maison.

Et comment se déroule votre quotidien?

On trouve les gens d’ici très sympathiques. Ils sont accueillants, chaleureux et très ouverts. Ils nous saluent de façon très naturelle et spontanément, sans même nous connaître. Au Québec, c’est moins fréquent.

Pour l’école des enfants, j’ai toujours fait l’école à la maison. Ici, aux États-Unis, c’est beaucoup plus populaire qu’au Québec. Il y avait donc plus de possibilités pour mes enfants de suivre un programme qui corresponde à leurs intérêts respectifs. Yan enseigne les maths et les sciences et moi, le français, l’histoire et la géo, etc. C’est un travail d’équipe. On s’épanouit dans ça et pour nous, c’est un projet de famille comme un autre...

Comment envisagez-vous vos trois prochaines années en Virginie?

La vie nous a emmenés ici, et c’est pour une raison. On demeure ouverts à tout ce qui se présente!