Naviguer dans une réalité plus stratégique
L’emballage durable entre dans une phase plus disciplinée. L’ambition seule ne suffit plus à définir le leadership. Alors que les cadres réglementaires restructurent les coûts et que les acheteurs resserrent leurs exigences, l’exécution et la performance mesurable s’imposent comme les véritables facteurs de différenciation.
Un récent rapport de Bain & Company confirme ce virage : se retirer maintenant constituerait une erreur stratégique. En effet, 59 % des acheteurs d’emballages affirment qu’ils envisageraient de changer de fournisseur d’ici trois ans si les cibles de durabilité ne sont pas atteintes¹.
La question n’est plus de savoir si l’emballage durable est important. Il s’agit désormais de savoir comment le mettre en œuvre efficacement, en harmonisant la conception, la structure de coûts et les systèmes de récupération avec les contraintes opérationnelles réelles.
Les entreprises rééquilibrent performance, coût et durabilité
De nos jours, les organisations sont confrontées à une équation complexe. Les objectifs environnementaux doivent s’aligner à la fois avec les réalités opérationnelles et les pressions sur les marges.
Dans les secteurs de la transformation alimentaire, des boissons, du commerce en ligne, de la logistique tierce (3PL) et des marchés industriels, les entreprises recherchent des solutions d’emballage qui offrent :

- le juste équilibre entre performance, qualité, durabilité et prix;
- des formats allégés qui réduisent les coûts des matières et du transport;
- des formats adaptés qui minimisent les espaces vides;
- une compatibilité avec les centres de distribution automatisés;
- la conformité aux exigences évolutives de recyclabilité et de contenu recyclé;
- une optimisation à l’échelle de la chaîne d’approvisionnement.
La durabilité doit désormais soutenir l’efficacité et la compétitivité et non évoluer en parallèle.
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Les consommateurs restent engagés, mais pragmatiques
Les attentes des consommateurs continuent de façonner les décisions d’emballage à travers l’Amérique du Nord. De récentes recherches mettent en lumière plusieurs tendances constantes :
- La recyclabilité domine la conversation.
77 % des répondants considèrent la recyclabilité comme « extrêmement importante » ou « très importante », ce qui en fait l’attribut de durabilité le plus déterminant dans les décisions d’emballage². - Le contenu recyclé compte.
62 % accordent la priorité à l’utilisation de matières recyclées lors de l’évaluation de la durabilité d’un emballage³. - La responsabilité se déplace vers les entreprises.
Près de sept consommateurs sur dix estiment que la responsabilité en matière d’emballage durable incombe aux producteurs et aux propriétaires de marques plutôt qu’aux individus, ce qui renforce les attentes directement envers les détaillants et les fabricants⁴. - Les consommateurs cherchent à concilier durabilité et accessibilité.
En Amérique du Nord, 41 % des acheteurs affirment qu’ils paieraient davantage pour des produits emballés de manière durable, un chiffre qui descend à 35 % au Canada. Par ailleurs, 35 % envisageraient d’éviter un détaillant qui ne réduit pas ses emballages non recyclables, proportion qui monte à 40 % chez les consommateurs canadiens⁵.
Dans les faits, les comportements demeurent pragmatiques. 63 % des consommateurs recyclent régulièrement : c’est l’un des gestes environnementaux les plus systématiquement adoptés, tandis que les comportements nécessitant un effort supplémentaire affichent une participation plus faible⁶. La durabilité fonctionne mieux lorsqu’elle s’aligne sur des habitudes établies et des systèmes existants.
Les solutions circulaires et simples gagnent du terrain
Une tendance claire émerge : des solutions simples, intuitives et compatibles avec les infrastructures existantes s'accélèrent. Ils réduisent les risques liés à la mise en œuvre tout en favorisant une adoption à grande échelle à travers des chaînes d'approvisionnement complexes.
En pratique, cela se traduit souvent par :
Concevoir des emballages recyclables au sein des systèmes de collecte actuels.
Réduire l’utilisation de matières et éliminer les composants superflus.
Simplifier les structures et privilégier les formats monomatière, lorsque c'est possible.
Optimiser l'emballage pour réduire les espaces vides et les couches excessives.
L'emballage minimaliste crée de la valeur sur plusieurs fronts : il réduit les coûts des matériaux, améliore l'efficacité logistique et favorise la conformité à mesure que les cadres de responsabilité élargie du producteur (EPR) continuent d'être déployés.
Dans ce contexte, la circularité concerne moins l'aspiration que la compatibilité avec les systèmes. Cela garantit que les choix des matériaux, la conception structurelle et les voies de récupération fonctionnent de manière cohérente.

La transition vers des emballages durables n’est pas sans contraintes. Les cadres réglementaires évoluent et demeurent souvent fragmentés d’une juridiction à l’autre. Les programmes de REP se multiplient, introduisant de nouvelles structures de coûts, des obligations de déclaration et une complexité administrative accrue.
Par ailleurs, les changements d’emballage à grande échelle exigent une coordination rigoureuse entre les lignes de production, les fournisseurs et les normes de performance. La sensibilité aux coûts reste élevée et les solutions alternatives doivent s’imposer par leur fiabilité et leur praticité.
Les défis concrets derrière la transition
Il n’existe pas de solution universelle. Les compromis varient selon le produit, le marché et l’environnement réglementaire. Les progrès dépendent de stratégies adaptées au contexte et ancrées dans la faisabilité opérationnelle.
C’est là que des partenaires d’emballage expérimentés comme Cascades jouent un rôle essentiel : aider les organisations à évaluer leurs options, à atteindre leurs objectifs de durabilité, à anticiper leur exposition réglementaire, à concevoir des solutions susceptibles de réduire les coûts de la REP et à performer à l’échelle du système.
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Comment naviguer efficacement dans la transition
À mesure que les attentes en matière de durabilité s’intensifient, les organisations cheffes de file passent des changements d’emballage isolés à des cadres de décision structurés.
La première étape n’est pas la refonte : c’est l’analyse de portefeuille et la priorisation. Les entreprises doivent déterminer où la durabilité génère le plus grand impact opérationnel, réglementaire, environnemental, financier ou commercial à l’échelle de leur portefeuille. Cela requiert des critères clairs, un alignement interfonctionnel et une compréhension réaliste des capacités internes.
Les progrès impliquent généralement ce qui suit :
- Établir des cibles de durabilité mesurables, liées aux indicateurs d’approvisionnement et de performance.
- Réaliser des évaluations des risques à l’échelle du portefeuille pour anticiper l’exposition réglementaire et aux coûts.
- Aligner les équipes d’emballage, d’opérations et de conformité autour d’objectifs communs.
- Appuyer les décisions fondées sur la science.
- Intégrer les données de durabilité dans l’évaluation des fournisseurs et dans la planification à long terme.
- S’assurer que les allégations reposent sur des données vérifiables afin de limiter les risques réglementaires et de réputation.
- Renforcer la coopération entre producteurs, fournisseurs, emballeurs, recycleurs et municipalités pour garantir la compatibilité des matières avec les systèmes de récupération et de recyclage en place.
Les décisions en matière d’emballage durable influencent désormais l’exposition aux coûts, les exigences de déclaration et la performance des fournisseurs, ce qui rend l’alignement interfonctionnel incontournable. Elles nécessitent aussi, de plus en plus, des données sur les impacts environnementaux, fondées sur des approches scientifiques telles que l’analyse du cycle de vie.
Chez Cascades, nous aidons nos clients à aller au-delà des engagements en quantifiant la performance environnementale de nos produits grâce à l’analyse du cycle de vie, incluant la mesure des impacts sur le climat, la biodiversité, l’eau et les ressources non renouvelables.
Se positionner pour un avantage à long terme
L’emballage durable conditionne désormais l’accès aux marchés, l’exposition réglementaire et les structures de coûts à long terme. Les organisations qui le traitent comme un levier stratégique plutôt que comme exigence de conformité sont mieux positionnées pour renforcer leur résilience et consolider leur avantage concurrentiel.
En 2026, la ligne de partage ne se trace plus entre celles qui parlent de durabilité et celles qui n’en parlent pas. Elle sépare celles qui l’intègrent à leur modèle opérationnel de celles qui la gèrent de manière réactive.
« Ce que nous observons chaque jour, c’est que les entreprises qui progressent réellement sont celles qui intègrent la durabilité dans leurs décisions opérationnelles et non celles qui la traitent comme une initiative parallèle.
Notre rôle est de travailler en étroite collaboration avec nos clients pour traduire leurs ambitions en actions concrètes et mesurables, adaptées à leurs réalités de production et à leurs objectifs à long terme. »

Manon Salaün
Conseillère en développement durable chez Cascades
Un partenaire stratégique dans un contexte complexe
Naviguer dans cette transition demande bien plus que des ajustements progressifs. Elle exige une analyse rigoureuse, une collaboration interfonctionnelle et une vision systémique, reliant la conception, les réalités de fabrication et la récupération des matières.
Chez Cascades, nous accompagnons les organisations prêtes à s’engager dans cette direction. Nos équipes soutiennent les clients grâce à des analyses de portefeuille, des innovations et des solutions écoconçues fondées sur les principes de l’économie circulaire. Forts de plus de 60 ans d’expertise dans la fibre et la récupération, nous combinons l’échelle industrielle à une approche humaine et spécialisée.
À travers nos quatre plans de développement durable, dont la prochaine feuille de route sera dévoilée à l’été 2026, nous continuons à faire avancer nos propres engagements tout en aidant nos clients à structurer les leurs.
L’emballage durable ne se définit plus seulement par des intentions. Il se mesure à la concrétisation des progrès et à la capacité d’aligner les performances environnementales, opérationnelles et financières.

Isabelle Goyette
Gestionnaire Sénior, Intelligence de Marché

Nancy Benard
Analyste marketing sénior, Intelligence de marché
1Bain & Company, Paper & Packaging Report, Sustainability: Less Talk and More Action, January 2026
2, 3, 4 McKinsey, “Do US Consumers care about sustainable packaging in 2025,” June 2025
5 Two Sides North America, 2025
5 NIQ Green Gauge® 2025 / Sustainable Packaging Impact on Consumer Behavior (Sept. 2025)


